Une application avec Flex - I

Dans cette chronique, je vais détailler mes expériences de développement avec Flex, la technologie d’Adobe.

J’ai été promu il y a quelques temps grand grand-manitou-chef-programmeur d’une association, Antigone, visant à encourager l’apprentissage du grec ancien — et développant pour se faire un logiciel d’apprentissage du grec ancien. Je suis donc chargé de concevoir et développer ce logiciel.

Choix d’une technologie

Je suis parti sans idées arrêtées quand à la technologie à employer. A vrai dire, je cherchais quelque chose de moderne et sympa : rien de pire que de s’enferrer dans une technologie trop contraignante qui fait sans cesse obstacle au développement. J’ai donc un peu tâté du côté de .NET et WPF, en ayant plutôt de bons résultats.

Quoi qu’il en soit, les prérequis étaient les suivants :

Logo Microsoft .NETJ’ai donc commençé par quelques tests en utilisant WPF : une technologie moderne, souple, et basée sur .NET que j’aime bien. L’interface et les widgets sont personalisables à loisir, il y a plein de capacités multimédias, et des bibliothèques annexes le cas échéant. Bref, la panacée — mais pas portable. Le .NET pur peut tourner sous Linux et Mac, grâce à Mono, mais WPF reste pour l’instant du pur Windows. A exclure pour des raisons de portabilité, donc.

Logo
FirefoxXUL m’a bien fait de l’œil : c’est la technologie derrière Firefox. J’y avais un peu touché en écrivant mon extension pour Thunderbird, et, il faut dire ce qui est, c’est fort sympathique — ainsi que très portable et hautement customisable par un peu de CSS. Plus la possibilité de programmer en Javascript, qui est un langage que j’aime bien. Seul souci : les capacités multimédias. Pour en intégrer, il aurait fallu me servir d’un plugin du type Flash, ou en recoder en C++. Bref, pour un projet multimédia, j’avais moyennement confiance : j’ai fini par l’écarter.

Logo QtJ’ai alors pensé à C++ : en choisissant un bon système de widgets, cela devait être possible. Et justement, Trolltech sortait en grande fanfare sont produit phare, Qt 4.3. J’avais déjà jeté un coup d’œil à Qt, qui est décidément une très chouette technologie, vraiment agréable à manipuler ; c’est très portable, il y a quelques capacités multimédias, et la personnalisation est hautement possible, à l’aide de pseudo-CSS. Mais bon, le C++ n’est pas vraiment ma tasse de thé — je préfère les langages d’un peu plus haut niveau, que ce soit du genre Java/.NET ou plus genre script PHP/Javascript. Enfin pourquoi pas.

Logo JavaD’ailleurs, en y repensant, il y avait Java. Proche de .NET, j’en avais déjà manipulé ; portable, et relativement élégant. De plus, il y avait la possibilité d’utiliser Jambi, l’interface Java de Qt. Tous les avantages de Qt, plus du Java, donc : pas mal. Cela dit, je connais plus .NET que Java ; cela donne souvent un sentiment de plus grande propreté et modernité dans .NET que dans Java, qui traîne quelques archaïsmes que j’avais moyennement envie de retrouver. Rien de très concret, en tout cas ; c’était pour le moment mon meilleur choix.

Flash, Flex et AIR

Logo FlexJ’ai enfin regardé rapidement du côté de Flex. Pour ce que j’en savais, c’était une technologie similaire à XUL ou WPF, permettant de concevoir des interfaces en XML et de les contrôler à l’aide d’un langage de script. Basée sur Flash, je pouvais donc m’attendre à de la portabilité, à une bonne personnalisation graphique, et à un très bon support multimédia. En creusant un peu, j’ai confirmé ces impressions — et surtout j’ai découvert AIR, à l’époque en version bêta.

Logo Adobe
AirAIR, est principalement un enrobage d’intégrer du Flash dans des applications de Bureau. L’emballage-desktop est très léger, il s’agit d’à peine plus qu’un fichier de configuration détaillant le nom et la taille de la fenêtre à employer ; AIR génère ensuite un exécutable, un installeur, et permet de lancer son projet Flash dans une fenêtre. Du simple et du bon, donc.

Concernant le développement concret en utilisant AIR, le développeur a le choix entre trois technologies : XHTML/CSS, Flash ou Flex. Le XHTML est ce qu’il y a de plus connu et de plus simple ; l’application est alors rendue dans un navigateur embarqué. Le Flash permet d’héberger un module Flash classique dans un conteneur AIR. Enfin, Flex permet de créer une application riche en utilisant des fenêtres natives de l’OS. La bibliothèque de contrôles utilisateurs disponibles avait l’air importante, et les quelques exemples que j’ai téléchargé ont achevé de me convaincre.

Conclusion

Finalement, AIR/Flex remplissait toutes mes contraintes, et me permettait en plus d’utiliser une technologie moderne, des interfaces en XML et du Javascript : tout pour plaire. Après beaucoup d’hésitations, je suis donc parti là dessus.

Dans la prochaine chronique, je raconterai ma quête d’un framework MVC pour Flex, qui soit à la fois léger et adapté à mes besoins.

Clavier Mac sous Windows

En essayant de corriger le mapping de mon clavier sous Parallels, j’ai dû chercher comment faire fonctionner toutes les touches d’un clavier Mac sous Windows — que le clavier Mac soit intégré, USB ou virtualisé.

J’ai finalement retrouvé la configuration à installer pour parvenir à un résultat parfait. Il s’agit d’un mapping créé par Florent Pillet, qui s’installe facilement, et s’active en suivant les instructions fournies. Et joie, Windows reconnaît maintenant correctement toutes les touches du clavier : l’arobase, les accolades, tout fonctionne. Si vous avez des pépins d’interaction Mac/Windows, vous savez donc comment vous y prendre :)

Acid3

La course à la première place

Hier, Opéra annonçait être le premier à passer le test Acid3 à 100/100, talonné par Safari à 98/100. Manque de chance, en corrigeant les deux derniers tests, l’équipe de Safari a trouvé un bogue dans le test Acid3 lui-même, qu’ils ont signalé. Il a aussitôt été corrigé, faisant passer Opéra à 99/100… et Safari à 100/100 ! On peut donc bien considérer que Safari a été le premier à passer le test Acid3.

Safari passant le test
Acid3

De plus, aucun des deux navigateurs n’avait un rendu parfait au pixel près hier soir, mais Safari a corrigé cela dans la nuit. Maintenant, Safari passe donc le test à 100/100, avec un rendu parfait, et surtout une build publique déjà disponible (Mac et Windows). Vous pouvez donc télécharger cette nightly de Safari dès maintenant, et confirmer chez vous que le test Acid3 passe bien — alors qu’Opéra n’a encore publié que des captures d’écran. De plus, il est également possible d’avoir la liste des bogues corrigés dans WebKit, ainsi que le code source complet du moteur, pour vérifier la correcte implémentation de cette mise en conformité des standards.

Les enjeux

De nombreuses personnes font remarquer que le test Acid3 ne teste que certains points particuliers et souvent obscurs des normes en question. C’est exact, et d’ailleurs les mêmes critiques avaient été formulées à l’égard d’Acid2.

On ne peut cependant que constater l’amélioration du support CSS dans les navigateurs suite au test Acid2 ; on peut espérer qu’il en sera de même pour Acid3. D’autre part, comme le soulignait un commentateur de Surfin’ Safari, le blog des développeurs de WebKit, les tests Acid obligent les développeurs à se plonger dans les normes des standards du Web, souvent pour la première fois. Il est donc probable que de nombreux bogues soient fixés au cours du processus, en plus de ceux strictement nécessaires au support des tests Acid.

Une bonne chose, donc — et puis cela encourage la compétition entre les navigateurs, ce qui est toujours bon à prendre.

Lisp (suite)

Je suis finalement passé à CarbonEmacs+Slime+OpenMCL comme environnement de développement Lisp, et c’est tout chouette — bien plus que le petit éditeur de démo d’OpenMCL. Editeur de code, interpréteur, animations et petites phrases amusantes dans Emacs… Le pied. Merci à David Steuber pour son excellent tutoriel sur l’installation d’un environnement Lisp sous Mac OS X !

Carbon Emacs + Slime +
OpenMCL

Apprendre le Lisp

Ca fait un certain temps que je fantasme sur le Lisp. Mais cette fois ci c’est décidé, je m’y met : j’ai commencé à apprendre le Lisp depuis quelques jours. Expériences jusqu’ici :

Le langage Lisp

A première vue, le Lisp est effectivement un chouette langage. C’est encore très vivant, il y a plein d’implémentations et de bibliothèques différentes, des bindings avec des tas d’autres langages — j’ai même découvert des sites web dynamiques écrits en Lisp !

C’est un style de programmation assez différent (déclaratif au lieu d’être fonctionnel), que l’on découvre assez agréable, élégant, et tout. Il n’y a que quelques principes fondateurs, desquels tout découle, ce qui rend le langage finalement assez facile à apprendre : rapidement, on se retrouve à penser en Lisp plutôt qu’en fonctionnel.

D’autre part, tout le monde insiste beaucoup sur la grande flexibilité de Lisp, et c’est vrai : on peut programmer autant en style fonctionnel (boucles, déclarations de variables, etc.) qu’en style déclaratif — il est également possible de faire de l’orienté objet ou aspect.

Logiciels et tutoriels : comment démarrer

Les tutoriels sur le Lisp sont légion — mais un peu trop légion, justement : on ne sait pas par quoi commencer. Voici une rapide sélection de bons documents, pour débuter ou approfondir :

Quand au choix d’un interpréteur Lisp, j’utilise pour l’instant Clozure CL, qui fonctionne sur tous les bons Macs — mais il y a certainement plein d’autres bonnes choses.

Conclusion

Le Lisp mérite vraiment qu’on y jette un œil, même sans l’apprendre à fond. C’est souple, puissant, et surtout sa réputation légendaire d’élégance n’est pas usurpée. Et puis apprendre de nouveaux langages, saybien :)